3# Rénovation énergétique d'une maison ancienne - Site officiel de la Communauté de communes Loire Layon Aubance

3# Rénovation énergétique d’une maison ancienne

Temps de lecture estimé 11 minutes

Vous trouverez ici les portraits de citoyens du territoire ayant portés des projets d’habitat d’avenir, afin d’en apprendre plus sur leurs motivations, leur parcours, et les singularités de leur habitat. Des inspirations pour construire sa réflexion et son projet pour son habitat de demain, adapté au changement climatique ou au vieillissement, ou les deux.

 Améliorer la performance énergétique d’une maison ancienne (sans la dénaturer)

La rénovation énergétique des maisons anciennes est encouragée par les pouvoirs publics afin de réduire les consommations en énergies, notamment fossiles. Mais se lancer dans un tel projet n’est pas une mince affaire. Comment choisir la meilleure solution technique ? Comment parvenir à un bon équilibre entre amélioration des performances et retour sur investissement ? La rénovation menée par Mr et Mme Asseray sur leur maison de Mâchelles (Bellevigne-en-Layon) constitue un bon exemple. Ce logis du 16e siècle vient de faire l’objet d’importants aménagements visant à améliorer ses performances, tout en préservant son caractère patrimonial : mise en place d’une pompe à chaleur (PAC) air/eau, remplacement des huisseries, et surtout installation d’une capacité photovoltaïque de 9 kVA sur la toiture d’une dépendance. De quoi réduire radicalement le budget énergétique annuel de ses occupants.

Qu’est-ce qui vous a poussés à exécuter ces travaux ?

Nous avions déjà initié des travaux d’isolation il y a une dizaine d’années, afin de mettre la maison en location pendant que nous vivions à l’étranger. Lorsque nous sommes revenus nous y installer en 2022, la chaudière fuel est tombée en panne : compte tenu des évolutions réglementaires et de notre propre sensibilité aux questions environnementales, il était inenvisageable de rester sur une énergie carbonée ! Nous en avons donc profité pour revoir entièrement la performance énergétique du bâtiment. Le remplacement des huisseries et l’installation de la PAC ont considérablement amélioré le confort intérieur. Nous avions quelques doutes sur l’efficacité de la PAC air/eau, mais c’est formidable ! La maison met deux ou trois jours à monter en température au début de l’hiver, ensuite elle ne bouge plus, il y a une très bonne inertie.

Avez-vous constaté rapidement une économie ?

Nous n’avions pas vraiment de données antérieures car la maison était louée et partiellement chauffée au bois, donc nous partions pour ainsi dire de zéro. Le montant des consommations électriques nous a paru très raisonnable au regard de la surface habitable, mais nous avons rapidement eu envie d’aller encore plus loin.

Notamment avec le photovoltaïque…

Oui, c’est une approche qui nous intéressait depuis longtemps, mais nous ne voulions pas nous précipiter. Nous avions beaucoup d’interrogation quant aux coûts d’installation, au choix des équipements et des professionnels, à la rentabilité réelle….

Où avez-vous trouvé des conseils fiables ?

Nous avons pris contact avec l’association Alisée, structure représentant France Rénov’ en Maine-et-Loire. Ils ont réalisé une étude à distance, à partir des plans cadastraux et de la géolocalisation : pentes de toits disponibles, taux d’ensoleillement, et ont déduit un profil de production et de consommation potentielle. Cette première approche a validé le bien-fondé de notre projet et a calculé un retour sur investissement en 10 ans environ. Cela restait une base théorique, mais suffisamment précise et documentée pour nous aider dans nos décisions. Nous tenons à souligner la qualité de ce service public, qui permet de disposer de tous les fondamentaux de l’opération, délivrés par une entité indépendante et dénuée de tout intérêt commercial !

Comment avez-vous abordé la question esthétique ?

Cela compte évidemment, surtout dans cette jolie maison ancienne que nous nous efforçons de rénover dans les règles de l’art. C’est pourquoi, avec l’aide de l’installateur (l’entreprise Go Solar à Rochefort-sur-Loire), nous avons choisi des panneaux de nouvelle génération, particulièrement fins et dotés d’un système d’accroche beaucoup plus discret. L’installation est quasiment invisible, de l’extérieur comme depuis notre jardin. De plus, ces panneaux très performants produisent même sans soleil direct et ils possèdent un onduleur intégré, ce qui assure la continuité de production si l’un d’eux tombe en panne.

Une telle installation est-elle compliquée à paramétrer ?

Non, le professionnel se charge du paramétrage initial, ensuite la bascule avec le compteur électrique se fait automatiquement. Il y a une application de suivi très bien faite, où l’on peut voir ce que l’on produit, ce que l’on consomme, ce que l’on revend et ce que l’on achète. En temps réel ou en moyenne quotidienne, hebdomadaire, mensuelle et annuelle. Bien entendu cela reste dépendant de la météo et des saisons : on produit plus et on consomme moins en été, l’hiver c’est l’inverse. Il faut en tenir compte. Par exemple notre PAC a été reprogrammée de façon à produire l’eau chaude sanitaire durant les heures les plus ensoleillées.

Les résultats sont-ils à la hauteur de vos attentes ?

Oui, le premier bilan annuel, réalisé en juin dernier avec Alisée, fait apparaître des résultats très positifs, conformes aux projections initiales. Sur une consommation annuelle équivalent à 3 350 €, la part autoconsommée représente 1 040 €, soit près du tiers. Et si l’on intègre la part revendue à EDF (800 €), le photovoltaïque couvre 55 % de notre dépense énergétique annuelle globale ! En termes de retour sur investissement, le coût d’installation des panneaux, soit 18 500 €, devrait être remboursé en moins de 10 ans.

Avez-vous bénéficié d’aides financières ?

Nous avons fait une demande Ma Prime Renov pour la PAC et le poêle installé dans le salon, mais c’est tout car nous n’étions pas éligibles aux autres dispositifs. Donc le calcul de rentabilité ne tenait que sur les gains de consommation. C’est pourquoi nous avons été attentifs à bien dimensionner l’ensemble du système dès le départ, et à viser d’entrée de jeu une production photovoltaïque de 9 kVA, le maximum autorisé en production privée. Certes, cela nécessite un apport initial assez important, mais si l’on se projette à moyen ou long terme, c’est un pari largement gagnant !

Envisagez-vous d’aller encore plus loin dans cette optimisation énergétique ?

Oui, et là encore l’étude réalisée par Alisée constitue une précieuse aide à la décision. Elle nous donne une vision d’ensemble du logement, avec les points fort, les points susceptibles d’être améliorés, et des scénarios avec des estimations budgétaires. Pour l’instant la maison est en classe C, elle pourrait évoluer encore, mais cela nécessiterait des travaux onéreux et peu compatibles avec son côté patrimonial : isolation des murs, remplacement de menuiseries très spécifiques dans la cage d’escalier… Le jeu n’en vaut pas la chandelle. Nous envisageons plutôt de renforcer notre autonomie énergétique en augmentant la proportion d’électricité autoconsommée.

De quelle façon ?

Il existe deux types de solutions. Soit stocker l’énergie produite afin de lisser sa disponibilité et pourvoir l’utiliser à toute heure du jour ou de la nuit, par exemple pour charger un véhicule électrique. Cela permettrait sans doute de réduire d’un ou deux ans la durée d’amortissement en gérant plus finement la part d’autoconsommation, notamment nocturne. Il faut pour cela s’équiper de batteries ou passer un contrat avec une entreprise de stockage externalisé, moyennant une redevance mensuelle. Cependant cela pose la question de la performance des équipements de stockage, qui va certainement évoluer dans les années à venir.

L’autre option serait de revendre une partie de l’électricité produite dans une « boucle de proximité ». Le principe est de passer un contrat avec quelques voisins, qui rachètent votre surplus de production à un prix plus intéressant que le tarif EDF. C’est doublement vertueux car l’électricité est consommée localement et cela crée du lien social. Ce n’est pas si compliqué, il existe des modèles de contrats et des associations dédiées à cette approche, qui tend à se développer. Pour être honnête, nous n’avons pas encore fait notre choix, nous étudions les hypothèses en nous appuyant sur l’analyse annuelle fournie par Alisée.

Quels conseils donneriez-vous à des personnes ayant un projet similaire ?

Pour se lancer dans une telle opération, il faut être convaincu de son intérêt. Or lorsque l’on effectue des recherches par soi-même, on est noyé dans un faisceau d’informations contradictoires sur les coûts, la rentabilité, la qualité des équipements, etc. Notre principal conseil est donc de vous tourner vers l’espace France Renov’ proche de chez vous : cela vous permettra de sécuriser votre approche, de valider la pertinence de votre projet sur la base d’une étude documentée, avec des attendus en termes de consommation, de production et de rentabilité… et ainsi de décider en connaissance de cause. En ce qui nous concerne, nous pouvons saluer leur qualité d’écoute, leur analyse méthodique et personnalisée ainsi que leur implication dans le suivi. Et le résultat prouve que l’on peut obtenir un niveau de performance énergétique tout à fait actuel dans une maison ancienne, sans dénaturer son architecture historique.


France Renov’, le guichet unique dédié à la performance énergétique des logements

France Renov est le guichet unique national d’information et de conseil sur l’amélioration énergétique de l’habitat. Ce service public, gratuit et accessible à tous, est délégué aux communautés de communes dans un souci de proximité. En Maine-et-Loire, les communautés de communes du département ont fait le choix de confier par convention cette délégation à l’association Alisée, qui œuvre sur la transition énergétique en Maine-et-Loire et Loire-Atlantique.

Alisée intervient sur un large spectre de sujets : rénovation énergétique de l’habitat, éducation et sensibilisation des jeunes et des parents à la transition énergétique, développement des mobilités douces notamment en entreprise, soutien aux initiatives collectives d’énergies citoyennes (solaire et éolien), aide aux personnes vivant en habitat précaire…

En CCLLA, il existe 4 points de permanence d’accueil France Renov :

  • à la maison France services de Brissac-Loire-Aubance, 11, rue Nationale
  • au point France service de Chalonnes-sur-Loire, 4, rue des Poilus
  • au centre socioculturel de Bellevigne-en-Layon (Thouarcé) , au parc du Neufbourg
  • et au point France service dans le centre socioculturel de Saint-Georges-sur-Loire, 5, rue de Savennières.

4 questions à Laurence Dutay, conseillère en rénovation énergétique pour le territoire Loire Layon Aubance

Laurence-Dutay-Credit-CO-FABIENNE SUPIOT

Qui peut faire appel à vous ?

« Toute personne ayant des questions sur la rénovation énergétique, sans conditions de ressources : propriétaires occupants, propriétaires bailleurs, et même locataires. Nous leur apportons des conseils personnalisés sur les travaux envisagés : par où commencer, qui contacter, comment gérer les artisans, quelles aides financières peuvent leur être octroyées, etc.

L’objectif est d’aider les personnes qui se sentent un peu perdues, de les rassurer et de les orienter pour qu’elles puissent se lancer plus sereinement.

Quel que soit le projet, nous en profitons toujours pour dresser un rapide état des lieux du logement, afin de détecter d’éventuelles problématiques. Par exemple, il n’est pas idéal de vouloir installer un chauffe-eau électrique dans un garage non isolé ! »

Comment cela se passe-t-il concrètement ?

« Le site internet de France Renov délivre un premier niveau d’informations. Ensuite, il faut appeler au 02 41 18 01 08 pour évoquer son projet. Un conseiller répondra aux questions et déterminera s’il y a lieu de prévoir un rendez-vous sur l’une des permanences du territoire. Il est également possible de prendre rendez-vous en ligne directement.

Le rendez-vous est gratuit, tous les conseils et les informations fournis sont neutres. Cela dure une heure, ce qui laisse le temps d’étudier les plans, d’analyser les aspects techniques, les besoins et les attentes des personnes et leur fournir l’essentiel des éléments pour qu’elles puissent approfondir ou lancer leur projet. Si nécessaire, nous pouvons accorder un second rendez-vous ou envoyer les demandeurs vers d’autres conseillers spécialisés comme les juristes de l’ADIL ou les architectes du CAUE. »

Et après le rendez-vous ?

« L’accompagnement et les aides diffèrent selon l’ampleur des travaux envisagés : aménagements mineurs, rénovation « geste par geste » (système de chauffage, menuiseries, isolation…) ou rénovation globale. Les personnes prennent contact avec les artisans et/ou avec un accompagnateur Rénov’ agréé dans le cas d’une rénovation globale. Le propriétaire reste libre de choisir les professionnels avec qui il souhaite travailler, et c’est lui qui se charge des dossiers de demandes de subventions. »

Vous intervenez aussi sur le photovoltaïque ?

« Oui, c’est même une spécificité d’Alisée qui a une vraie expertise en la matière. Cependant l’approche est un peu différente : il ne s’agit plus de rénovation énergétique, mais de production. Pour les porteurs de projets, le fait de passer par un service public fiable et neutre est très rassurant. Nous leur donnons toutes les informations nécessaires pour valider l’intérêt et le dimensionnement de leur projet.

Il faut savoir que tout ce qui touche au solaire évolue rapidement. Aujourd’hui, installer des panneaux photovoltaïques sur son toit n’est pas forcément la meilleure idée, car il faut auto-consommer au maximum la production réalisée pour rentabiliser l’installation… Il y a donc de plus en plus de questionnement sur les installations minimalistes ou les collectifs de proximité. Compte tenu de l’évolution des tarifs énergétiques, de plus en plus de personnes se sentent concernées. »

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