4# Bâtir une extension aux normes PMR - Site officiel de la Communauté de communes Loire Layon Aubance

4# Bâtir une extension aux normes PMR

… pour rester plus longtemps chez soi

Temps de lecture estimé 9 minutes

Lorsque l’on avance en âge, certains gestes que l’on croyait simples et habituels peuvent devenir plus difficiles : monter et descendre les escaliers, sortir de la baignoire, entretenir le jardin… Faut-il pour autant se résoudre à quitter un logement auquel on est attaché ? Ce n’est pas une fatalité. Il est possible d’anticiper l’adaptation de son logement, en réalisant quelques aménagements spécifiques : pièces de plain-pied, ouvertures larges, équipements adaptés… À près de 80 ans, Mr et Mme R. ont ainsi décidé de faire évoluer leur maison ancienne, située sur la commune de Brissac-Loire-Aubance, en lui ajoutant une extension en bois aux normes PMR*.

Qu’est-ce qui vous a poussés à réaliser cet investissement ?

La volonté de rester le plus longtemps possible dans cette maison que nous adorons. Nous sommes arrivés ici il y a 35 ans, c’était quasiment à l’état de ruine et nous avons progressivement tout refait, en grande partie par nous-mêmes. C’est un lieu qui a beaucoup d’âme, il est inenvisageable pour nous d’en partir ! Mais notre chambre était à l’étage, il y avait l’escaler à monter… cela devenait fatiguant et risqué. Donc nous nous sommes dit que nous devions nous arranger pour vieillir ici dans les meilleures conditions. Cela passait forcément par une extension, pour gagner de la surface au rez-de-chaussée.

Pour quelles raisons avez-vous choisi une construction en bois ?

Nous voulions quelque chose de moderne, qui marque une rupture tout en s’harmonisant avec l’existant. Nous avons étudié différentes solutions, en contactant notamment des constructeurs de structures préfabriquées ou de véranda. Mais cela ne nous a pas convaincu, c’était cher et peu personnalisable. La construction bois offrait plusieurs avantages : c’est plus écologique, plus sain, et l’aspect esthétique se marie bien avec le reste de la longère, en tuffeau et ardoise. Nous avons pris du Douglas d’origine France, sans entretien, qui grisaille avec le temps. Cela nous plaît beaucoup.

Avez-vous rencontré des contraintes particulières ?

A l’époque c’était encore un POS** sur notre commune, plus contraignant que l’actuel PLU***. Nous ne pouvions pas dépasser 20 m2 d’emprise au sol. De plus, nous avons perdu plusieurs mois en tracas administratifs, à cause d’une confusion entre permis de construire et déclaration de travaux… commise par le maître d’œuvre, un comble ! Parallèlement, le montage des dossiers de subventions nous a aussi pris beaucoup de temps.

Comment vous êtes-vous fait accompagner sur ces aspects ?

Nous avons contacté l’Agence nationale de l’habitat (Anah), c’était nécessaire pour bénéficier de conseils et d’aides, surtout que nous avions un budget serré. Nous avons aussi consulté l’association Soliha Pays de la Loire, ainsi que notre caisse d’assurance retraite et la Communauté de communes Loire Layon Aubance. Une personne de Soliha est venue pour dresser un diagnostic d’adaptation. Cela nous a permis de savoir quels travaux envisager, à quel endroit, de quelle façon… Parce que si une norme n’est pas respectée, les subventions vous échappent ! Ensuite Soliha nous beaucoup aidés, ils centralisent les informations et les demandes, vous aident à constituer le dossier, vous indiquent à quoi vous êtes recevable… C’est très utile, mais cela ne signifie pas que vous n’avez plus rien à faire !

C’est-à-dire ?

Et bien, vous restez tout de même le porteur du projet. Une fois le dossier constitué, il faut encore gérer les demandes de devis, les envoyer, attendre l’avis favorable, puis faire effectuer les travaux dans les temps et fournir les factures pour percevoir les aides. Sans compter l’envoi de photos des travaux finis, pour contrôle. Il faut donc « être sur le coup », relancer, vérifier les aspects administratifs… C’est pourquoi il est préférable de le faire lorsque l’on a encore toute sa tête et une bonne énergie !

L’aspect PMR a-t-il compliqué votre projet ?

Dans une certaine mesure, oui. Mais pour nous, il était essentiel de pouvoir y vivre même si nous sommes un jour en fauteuil roulant. Donc tout a été pensé en anticipant une certaine perte d’autonomie : portes de 90 cm de large, à galandage pour gagner de la place, surfaces de circulation et de manœuvre, espace pour mettre un lit médicalisé, douche pouvant comporter un tabouret, lavabo assez haut pour passer les genoux en fauteuil roulant…

Ces solutions ont-elles été faciles à mettre en place ?

La problématique c’est que quand vous demandez des devis pour faire un aménagement PMR, on vous propose du matériel spécialisé qui coûte plus cher, et qui est souvent très laid… Nous avons donc appliqué les cotes PMR (Soliha et l’Anah nous ont envoyé toutes les normes à respecter) mais en conservant des équipements standard, que nous avons adaptés. Les artisans ont bien joué le jeu, ils ont préparé la structure et les sols, et nous avons réalisé la finition et le mobilier. Les travaux ont duré un peu plus de six mois, pendant lesquels nous avons surveillé de près le respect des normes et de nos préférences. Heureusement que nous habitions sur place !

Quel a été votre budget ?

Au total, l’extension nous a coûté un peu plus de 60 000 € et nous avons reçu 13 500 € de subventions, toutes aides confondues (ANAH, CCLLA et Carsat). Soit un coût final d’environ 2 000 €/m2, ce qui est raisonnable sur le marché actuel. Cela reste un budget conséquent, nous y avons mis la majorité de nos économies, mais le fait de pouvoir rester ici dans les meilleures conditions n’a pas de prix !

Aviez-vous une idée du montant des aides avant de lancer les travaux ?

Oui, nous savions sur chaque devis à combien d’aide nous aurions droit. Il faut savoir que la plupart des subventions sont soumises à condition de ressources et qu’elles ne sont versées qu’après règlement des factures. Nous étions de toute façon décidés à entreprendre ces travaux, mais ce soutien a été très aidant. Cela nous a certainement permis de faire les choses de façon plus complète et qualitative.

Cette extension vous a-t-elle changé la vie ?

Absolument ! Nous en profitons depuis deux ans maintenant, et nous en sommes ravis. Nous avons désormais une vie de plain-pied, nous ne risquons plus de tomber et nous nous sentons davantage en sécurité. Notre ancienne chambre à l’étage constitue un espace supplémentaire pour recevoir nos enfants et petits-enfants. De plus l’extension est extrêmement confortable, tellement bien isolée que nous n’avons jamais besoin de chauffer la chambre ni la salle de bain. En période estivale il y a des volets roulants, et nous avons planté un arbre qui nous fait une zone d’ombre naturelle. Même dans le séjour, nous avons gagné en luminosité et en vue sur l’extérieur. Donc non seulement ce nouvel espace n’a pas dénaturé la maison, mais on a l’impression qu’il a toujours existé !

Quels conseils donneriez-vous à des personnes ayant un projet similaire ?

Commencez par poser votre projet sur le papier : qu’est-ce que vous voulez faire ? Où ? Pourquoi ? De quoi avez-vous besoin ? Et envie ? Bref, projetez tout ce qu’il vous faudrait pour bien vieillir dans votre maison. Cela vous permettra déjà de savoir ce qui est faisable et d’être au clair sur le projet. C’est essentiel pour bien faire comprendre aux artisans ce que l’on souhaite faire. Ensuite, et bien vous devrez faire venir des artisans pour avoir des devis, les éplucher, les comparer… Et contacter les organismes comme l’Anah ou Soliha pour bénéficier de leur regard et identifier les possibilités d’aide. Cela reste une aventure assez mobilisante, mais ça vaut le coup !

*PMR : personnes à mobilité réduite (en fauteuil roulant ou rencontrant des difficultés à se déplacer)
**Plan d’occupation des sols : zonage du territoire communal qui régit toutes les opérations de construction
***Plan local d’urbanisme : document de référence de planification des opérations d’urbanisme, à l’échelle communale ou intercommunale


Soliha, interlocuteur central pour tout projet d’amélioration ou d’adaptation de votre logement

Soliha est une association nationale issue des premiers mouvements de lutte contre le logement insalubre, nés en France en 1924. Aujourd’hui, Soliha compte 120 établissements en France, dont un par département en Pays de la Loire. Cela représente 70 personnes au niveau régional.

La mission historique de Soliha est de lutter contre le mal logement et d’aider les personnes les plus modestes à se loger correctement, dans des logements décents et confortables.

Pour cela, l’association intervient sur plusieurs thématiques :

  • L’accompagnement à l’adaptation du logement au vieillissement et au handicap
  • La rénovation énergétique
  • La défense des locataires en habitat indigne ou non décent
  • L’accès à un logement social via notre agence immobilière sociale.

En 2025, Soliha Maine et Loire a ainsi réalisé plus de 700 visites toutes thématiques confondues, et déposé plus de 500 dossiers de demandes de subvention pour l’adaptation du logement au vieillissement ou handicap et pour la rénovation énergétique.

Pour contacter SOLIHA Maine et Loire : contact@solihapdl.fr ou par téléphone : 02 41 88 87 03.

3 questions à Anaïs Bezannier, responsable départementale de service accompagnement projets travaux : 

Qui peut faire appel à vous ?

« Il est difficile de répondre à cette question car il existe de nombreuses spécificités en fonction des territoires, des revenus, etc. Trop de personnes ne font pas les démarches car elles pensent ne pas avoir droit aux aides. Mon conseil est donc d’appeler Soliha à partir du moment où vous avez un projet lié à l’amélioration de votre logement ou à son adaptation (perte d’autonomie, handicap). Nous déterminons si un accompagnement est possible, en fonction de la situation du ménage. Si la réponse est négative, nous orientons les personnes vers d’autres structures et interlocuteurs. Si c’est oui, nous pouvons lancer la démarche. »

Comment cela se passe-t-il concrètement ?

« Un technicien de Soliha se déplace au domicile afin d’effectuer un diagnostic du logement et de comprendre quels sont les besoins réels du ménage. Un rapport technique est émis, avec des préconisations de travaux. Nous proposons généralement plusieurs scénarios en fonction du niveau de performance, de sécurité et de confort que l’on souhaite atteindre, puis nous échangeons avec le ménage pour affiner le projet.

À partir de là, le ménage sollicite des devis auprès des artisans de son choix, il nous fournit les pièces nécessaires et c’est Soliha qui monte les dossiers administratifs de demandes de subvention et se charge de les déposer auprès de tous les organismes mobilisables : Anah, collectivités, caisse de retraites, département, Fondation logement… Une fois l’accord obtenu, les travaux peuvent être réalisés. »

Est-ce Soliha qui verse les subventions ?

« Non, lorsque les travaux sont achevés, le ménage nous transmet les factures, nous vérifions la conformité des aménagements effectués (si besoin par une visite de contrôle), puis nous déposons les pièces finales auprès des financeurs. La subvention est versée directement au ménage. Il y a donc un certain délai entre le règlement des factures et le versement des subventions, il faut en tenir compte. »

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Revenir en haut de page

Rechercher