La fontaine du Layon - Site officiel de la Communauté de communes Loire Layon Aubance

La fontaine du Layon

de Claudio Parmiggiani

à Aubigné-sur-Layon

Certaines œuvres réinventent les rites et coutumes du vin tout en s’inscrivant dans un héritage historique – et notamment, l’emploi sacralisé du vin dans la célébration de l’eucharistie. La Fontaine d’Aubigné, située sur la place de l’église Saint-Denis, en fait partie : imaginée en 2008 par l’artiste Claudio Parmiggiani pour le village d’Aubigné-sur-Layon, elle apparaît comme un objet alchimique, dont la forme sphérique et les matériaux (le bronze et l’or) évoquent un globe céleste lumineux.

« Une œuvre comme une source, comme une veine souterraine, un fond baptismal, une sphère céleste. Une œuvre cosmologique dédiée au temps. Tout sur ce territoire […] est soumis au temps, à son écoulement lent, au quotidien et religieux travail de la main. », explique Claudio Parmiggiani. Fermée pendant l’année, l’objet s’ouvre et se révèle lors de grands événements liés à la vie de la communauté aubignoise : l’une des deux demi-sphères de bronze est intérieurement revêtue d’une fine poussière d’or, teinte proche de la chair du raisin lorsqu’il est bien mûr. Lors de son ouverture, cette fontaine devient alors calice, dont il jaillit non pas de l’eau, mais du vin, or liquide et sang métaphorique, le coteaux-du-layon. Gravée à l’extérieur du corps sphérique de la fontaine, une ligne musicale sans fin est destinée à être jouée lors de l’ouverture solennelle de cette œuvre dédiée, selon l’artiste, « à la nature, au travail de la main de l’homme dans les vignes et à sa patience face au temps ». Cette partition musicale est signée Guillaume Roy et rend hommage à un village dont la population s’est traditionnellement ouverte au monde par la musique : chaque année entre 1978 et 1997, les habitants ont accueilli chez eux les danseurs et instrumentistes venus lors de rencontres internationales dans ce village où la première harmonie fut créée dès 1924.

Au coeur du Village

Toute proche, l’église romane Saint-Denis offre un étonnant décor peint en trompe-l’œil, qui recouvre aujourd’hui le chœur du XIIe siècle, ainsi que le transept de l’édifice, ajouté au XIIIe siècle. Ces peintures murales ont été attribuées à l’artiste italien Paul-François Baronni, mort à Angers en 1771. Des draperies, des boiseries et des marbres peints transforment ce chœur en un véritable décor de théâtre, ouvert vers les cieux.

Détail singulier : au-dessus des stalles, ces fresques sont ponctuées d’étranges orifices. Il s’agit d’emplacements d’anciens pots acoustiques. Ces poteries architecturales ont probablement été logées dans la maçonnerie dès le Moyen Âge : elles constituent un système de résonance destiné à améliorer la perception des voix qui s’élèvent dans l’édifice. Les Aubignois ont conservé cet astucieux dispositif, qui a peut-être contribué au succès des nombreux concerts donnés dans l’église.


En savoir plus sur Claudio Parmiggiani

Né en 1943 en Émilie-Romagne, Claudio Parmiggiani est souvent associé à l’Arte Povera, qui décloisonne les pratiques artistiques et exprime une défiance vis-à-vis de la société de consommation.  L’artiste s’est fortement imposé au début des années soixante-dix, notamment par ses utilisations originales de pigments à l’état pur, du noir de fumée, ou même d’éléments en incandescence. L’emploi récurrent de moulages de sculptures antiques est une autre de ses pratiques : son œuvre affirme l’ambition d’une capacité renouvelée de l’art à évoquer le monde matériel et spirituel, physique et mental, naturel et métaphysique. Il s’intéresse particulièrement aux rapports que l’œuvre entretient avec la mémoire, collective et individuelle. Qu’il utilise des matériaux fragiles et éphémères ou des matériaux plus classiques comme le bronze, Claudio Parmiggiani tend à évoquer le monde, dans ce qu’il a de plus poétique et de plus mystérieux, pour capter, dit-il, « la secrète et émouvante vie des choses ». Aux questions fondamentales de la disparition, de l’oubli et de la destruction qui le hantent, il répond par une œuvre profondément humaine, toujours liée au génie du lieu : « J’ai le désir toujours plus fort non pas de produire des objets, si raffinés soient-ils, non pas de mettre en place de quelconque façon des objets dans l’espace, mais de créer des lieux psychologiques, des lieux évocateurs qui transmettent une secousse aux sens. Des lieux qui ont une voix, un cœur qui bat dans l’épaisseur des murs. Rendre sensible l’invisible. »

Claudio Parmiggiani a exposé ses oeuvres dans de nombreuses éditions de la Biennale de Venise, notamment celles de 1972, 1982, 1984 et 1995. Il a également eu des expositions personnelles dans d’importantes institutions internationales telles que le Pavillon d’art contemporain de Milan en 1982, le Museum moderner Kunst de Vienne en 1987, au Musée d’Art Moderne et Contemporain de Genève en 1995, au Centre Pompidou de Paris en 1997, et le Musée Fabre de Montpellier en 2002, au Tel Aviv Museum of Art en 2003, au Collège des Bernardins, à Paris, en 2008.

Il a présenté ses œuvres dans de nombreuses autres institutions internationales prestigieuses, tant publiques que privées. Ses interventions permanentes comprennent, entre autres :  Il faro d’Islanda (2000), Teatro dell’arte e della guerra au Teatro Farnese de Parme (2006), Ex-voto au Musée du Louvre (2007), La Fontaine d’Aubigné à Aubigné-sur-Layon (2008), Porta Speciosa pour le Sacro Eremo di Camaldoli (2013), une intervention à la Camera degli Amori de la Villa Medici à Rome (2015), l’autel de la cathédrale de Reggio Emilia (2011) et de la basilique de Gallarate (2018), ainsi que La corona di spine (2014) dans le maître-autel de l’église de San Fedele, à Milan, et Naufragio con Spettatore (2010) dans l’église de San Marcellino, à Parme.

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