L'Aigrette - Site officiel de la Communauté de communes Loire Layon Aubance

L’Aigrette

de Lucie Lom

à La Possonnière

Pour certains artistes, le bateau exerce une fascination formelle, pour d’autres, il est surtout le support d’une expérience physique du paysage, la traversée d’un monde de reflets, de miroitements et d’illusions. De danger aussi, car depuis la nuit des temps, il est lié à la mort, et aujourd’hui, aux destins des nombreux exilés. Le collectif Lucie Lom offre une vision plus légère, reliée à l’enfance, au jeu, et par-dessus tout, au rêve. En suspens, leur sculpture s’auréole d’une sorte de magie, celle de la flottaison surréelle et de l’aventure onirique.

Située sur le port de la commune de La Possonnière, l’œuvre dialogue avec le paysage grandiose qui l’accueille : les bords verdoyants du fleuve sauvage, où l’on peut admirer de nombreux bateaux traditionnels de Loire, les bancs de sable et la faune. Parmi elle, l’aigrette, qui appartient au groupe des Ardeidae, la famille des hérons. Le mot aigrette fait référence aux deux plumes effilées qui ornent la tête de l’oiseau en période nuptiale : l’élégance de cet échassier blanc, juché sur ses longues pattes fines, a inspiré le titre de ce bateau céleste.

Pour l’imaginer, le collectif Lucie Lom a repris la forme du fûtreau : c’est le plus petit des bateaux de Loire, une embarcation à fond plat qui était utilisée à l’époque de la marine de Loire comme annexe des grands chalands et comme moyen de transport pour les riverains et autres usagers du fleuve. Ses principaux modes de propulsion étaient la bourde (une grande perche ferrée), la rame, et il pouvait aussi être gréé d’une voile carrée. Son nom vient de l’ancien français fustereau, diminutif de fuste, qui signifie nacelle ou petit bateau.

Perchée dans les airs, L’Aigrette reprend également le motif du vaisseau fantôme, écho du mythe du Hollandais Volant (The Flying Dutchman), voilier qui erre pour l’éternité sur les eaux du globe. Cordages au vent et rames déployées, L’Aigrette s’inscrit dans ce sillage fantastique : comme une vision de rêve, l’embarcation en lévitation semble voguer vers des espaces merveilleux, qui seront au gré des variations atmosphériques nimbés de brume ou de nuit, floutés de pluie ou inondés de soleil.


Au cœur du Village

Découvrez le moulin de la Roche, qui faisait partie du domaine du Château de Serrant. Sa construction remonte à 1660. Le moulin fut modifié en 1860 : on ajouta une seconde paire de meules et un système très ingénieux d’ouverture automatique des ailes. Il fut abandonné vers 1912 et restauré à partir de 1970. Aujourd’hui il est inscrit à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques et s’est remis à tourner en 1979.

Contemplez le pont de l’Alleud, le plus grand pont en pierre qui enjambe la Loire. Les travaux de construction commencèrent en 1863 et 30 mois plus tard, en septembre 1866, la ligne de chemin de fer Angers-Niort fut inaugurée officiellement. Le pont mesure plus de 600 m et la hauteur des arches est de plus de 10 m.


En savoir plus sur Lucie Lom

Depuis 1984, Lucie Lom réunit sous une signature collective Marc-Antoine Mathieu, Philippe Leduc, Élisa Fache et Isabelle Rabillon. Philippe Leduc et Marc-Antoine Mathieu se rencontrent à l’école des Beaux-Arts d’Angers en 1979 ; Isabelle Rabillon rejoint Lucie Lom en 1989, Élisa Fache en 2011. Le collectif se nourrit de diverses expériences sculpturales et théâtrales pour développer un art narratif aux accents fantastiques. Ses expositions se distinguent par leur dimension poétique et spectaculaire.

La grande halle de la Villette, Le Centre Pompidou, l’UNESCO, la Cité des sciences, le musée de l’air et de l’espace du Bourget, le musée d’Issy-les-Moulineaux, le musée de Bastia, la Cité Internationale de la Bande dessinée et de l’Image d’Angoulême, le musée des beaux-arts d’Angers, le Life de Saint-Nazaire ont confié à Lucie Lom des expositions portant sur l’art, l’esthétique, l’anthropologie, les sciences ou l’histoire.

Très attachés au Maine-et-Loire, les membres du collectif ont marqué les esprits à de multiples reprises dans le département. On leur doit notamment Le Mystère des faluns, aux Perrières de Doué-la-Fontaine. Ils se sont également illustrés avec La Forêt suspendue de Lille, capitale européenne de la culture, en 2003-2004, et ont transformé les rues d’Angers sur plusieurs éditions du festival des Accroche-Cœurs. Par leurs interventions graphiques et vidéographiques, les lieux sont bousculés dans leur perception habituelle, et deviennent porteurs de nouveaux imaginaires. Adepte des scénographies impressionnantes, l’atelier angevin a également transfiguré la Collégiale Saint-Martin à Angers :  après une balade en forêt intitulée SYLVA en 2020, le bâtiment se retrouve entièrement habillé en 2024 d’une œuvre originale immersive et sensorielle, qui traduit en images et en sons les métamorphoses, la fluidité, et le mouvement perpétuel de la vie.

L’œuvre L’Aigrette a été réalisée en métal par deux artisans-métalliers, Antoine Soulard et Maxime Chevillotte, qui ont créé en 2011 La Mutine, laboratoire artisanal œuvrant dans la région nantaise.

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